Exposition Irving Penn au Grand Palais

2017 marque le centenaire de la naissance d’Irving Penn. Grand photographe américain, il est mis à l’honneur au Grand Palais jusqu’au 29 janvier 2018. Célèbre pour sa mission au sein de Vogue dont il fut un des photographes pendant 60 ans, l’exposition ne se concentre pas uniquement sur ses photographies de mode mais s’ouvre à ses autres séries, elle offre ainsi une vision complète sur les sujets majeurs de son travail : portraits classiques, petits métiers, nus, natures mortes, photographies d’hommes et de femmes à travers le monde. Suivant un parcours chronologique et thématique, on découvre au fil de l’exposition 223 tirages, pour la plupart exécutés à l’époque des négatifs.

Au rez de chaussée sont présentées les photographies les plus connus d’Irving Penn, à commencer par celles pour Vogue.

Il préférait le studio à la rue, cela lui permettant de se concentrer sur le modèle, ses traits, de jouer précisément avec la lumière. Tout semble millimétré. L’iconique, Girl with Tobacco on Tongue, montre le côté perfectionniste du photographe. La précision de l’instant, la précision du geste du mannequin vers sa petite langue tirée, tentant d’y enlever du tabac qui s’y est déposé. Le contraste entre ses vêtements noirs et sa peau blanche. Délicat, gracieux, parfait. Irving Penn a imposé son style et son sens de l’observation dans la photographie de mode.

Girl with Tobacco on Tongue (Mary Jane Russell), New York, 1951. Épreuve gélatino-argentique, 37,5 × 36,5 cm.
Irving Penn, Girl with Tobacco on Tongue (Mary Jane Russell), New York, 1951. Épreuve gélatino-argentique, 37,5 × 36,5 cm ©Condé Nast
Irving Penn, Man Lighting Girls Cigarette (Jean Patchett), NYC 1949 (épreuve gélatino-argentique 1983), 48.9×51.1cm
Irving Penn, Man Lighting Girl’s Cigarette (Jean Patchett), NYC, 1949 (épreuve gélatino-argentique 1983), 48.9×51.1cm
« Un beau tirage est un objet en soi », Irving Penn, 1964. 
Après avoir développé ses négatifs, Penn et ses assistants prenaient le temps d’expérimenter différents temps d’exposition afin de donner à la photographie un aspect bien particulier. Il triait ensuite ses divers tirages et détruisaient ceux qui ne lui convenaient pas.
Girl Drinking (Mary Jane Russell), New York, 1949, The Irving Penn Foundation, © Condé Nast
Irving Penn, Girl Drinking (Mary Jane Russell), New York, 1949, The Irving Penn Foundation, © Condé Nast

La beauté de ses photographies de mode se retrouve dans ses autres thèmes. Les portraits classiques de personnalités sont fabuleux. Découvrir celui qu’il a fait de Picasso est réjouissant pour le public. On peut observer la foule s’extasier devant cette photographie du grand maître de l’art.

Pablo Picasso à La Californie, Cannes, 1957, The Metropolitan Museum of Art, New York, Promised Gift of The Irving Penn Foundation © The Irving Penn Foundation
Irving Penn, Pablo Picasso à La Californie, Cannes, 1957, The Metropolitan Museum of Art, New York, Promised Gift of The Irving Penn Foundation © The Irving Penn Foundation

Pour l’anecdote, le peintre n’avait accordé que 10 minutes au photographe et avait vêtu une cape espagnole et un chapeau, pour s’amuser. Minimaliste, Penn a alors travaillé à effacer l’aspect déguisement de son modèle. En se rapprochant de l’œil gauche de l’artiste, il a réduit la photographie à l’essentiel. En masquant la partie droite du visage de Picasso, il donne au peintre une ressemblance à certains de ses portraits cubistes.

La série Petits métiers est étonnante. De la même façon qu’il photographie des mannequins et l’élite culturelle, il immortalise des artisans, des ouvriers, en studio et avec style. Il est doux d’y observer les travailleurs parisiens des années 50 mais également les pompiers New Yorkais old school, façon Ghostbusters !

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Irving Penn, Garçon de café, Paris, 1950, épreuve au platine-palladium, 1967, The Metropolitan Musuem of Art
Steel+Mill+Fire+Fighter,+New+York,+1951+(Platinum)
Irving Penn, Steel Mill Fire Fighter, New York, 1951, Platine-palladium, @Condé Nast

Les photographies à l’étage: Nus, Les cigarettes et Les natures mortes tardives, surprennent les visiteurs qui pensaient tout savoir sur ce grand photographe.

La série Le monde dans un studio m’a déplu, particulièrement les photos du Dahomey.  Dans sa tente qui lui tenait lieu de studio, il a photographié de très jeunes femmes, seins nus. Cette photographie peut faire penser aux images exotiques et stéréotypées de femmes africaines produites par les colons 70 ans plus tôt…

Three Dahomey Girls, One Standing [Trois jeunes filles du Dahomey, une debout] 1967, The Metropolitan Museum of Art, New York, Promised Gift of The Irving Penn Foundation © The Irving P
Irving Penn, Three Dahomey Girls, One Standing, 1967 (épreuve au platine-palladium 1973), 47.3x47cm, The Metropolitan Musuem of Art, ©The Irving Penn Foundation

Bilan de cette exposition : j’ai passé un bon moment mais je dois dire que j’ai surtout été émerveillée par ce que je connaissais déjà de Penn, c’est à dire son talent pour la photographie de mode.


Grand Palais
3 Avenue du Général Eisenhower, 8e
M°Champs-Elysées Clemenceau ou Franklin Roosevelt
Infos et tarifs sur ce lien


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